Né en Normandie en 1976, il étudie la musique au Conservatoire de Nantes, dans les classes de guitare et d’écriture, puis au Conservatoire national supérieur de Musique de Paris. Il y suit l’enseignement du guitariste Alberto Ponce, du compositeur et improvisateur Alain Savouret et du metteur en scène Georges Werler.
À sa sortie du Conservatoire en 1999, il décide de se consacrer pleinement à la création musicale, développant une polyvalence dans les techniques qu’il utilise : écriture instrumentale et électroacoustique, improvisation et performance, réalisation et programmation de dispositifs technologiques… Sa proximité avec le monde du spectacle vivant contemporain l’aide par ailleurs à interroger la représentation de la musique et à inventer des formes distinctes du concert traditionnel.
Dans cet esprit, il cofonde en 2000, avec les compositeurs Benjamin de la Fuente et Samuel Sighicelli, la compagnie d’invention musicale Sphota, avec laquelle il créera sept spectacles. Accueillie par des festivals de musique contemporaine (Musica Strasbourg, März Musik Berlin), des théâtres (MC2 de Grenoble, Le Parvis à Tarbes), des salles de concert (Auditorium du Louvre, Auditorium National de Madrid), également en résidence à Bonlieu scène nationale d’Annecy de 2004 à 2006, Sphota sort en 2010 le disque Zemlia (La Terre) sous le label de Radio France Signature.
Comme compositeur, il reçoit des commandes de l’État, de différents Centres nationaux de création musicale (La Muse en Circuit, le GMEA, le GMEM), de l’INA / GRM, de Radio France.
Il est également sollicité par des metteurs en scène (Declan Donnellan pour Le Cid au Festival d’Avignon 1998, Renaud-Marie Leblanc en 2010 pour Erich Von Stroheim de Christophe Pellet au Merlan scène nationale à Marseille) ou par des chorégraphes. Il travaille ainsi en complicité avec Thierry Thieû Niang, avec lequel il crée à La Friche la Belle de mai À bout de souffle avec des personnes âgées en 2007, puis au Festival de Marseille en 2008 Au bois dormant, sur le monde de l’autisme, spectacle auquel collaborent également l’auteur Marie Desplechin et le metteur en scène Patrice Chéreau.
En 2009, il crée Comme je l’entends, un solo qui aborde la question de la perception de la musique contemporaine par les publics. Tissant ses propres créations musicales et des paroles enregistrées d’auditeurs “profanes“ commentant la musique, cette “performance autobioscénique“, créée au Théâtre des Salins scène nationale de Martigues, tourne depuis dans le réseau des festivals de musique contemporaine comme dans celui des scènes nationales.
En 2010, il compose pour 7 instruments une version radiophonique de Comme je l’entends, enregistrée par des musiciens parmi lesquels Pascal Contet et Bruno Chevillon. Diffusée sur France Musique et France Culture, cette pièce se distingue au Prix Italia à Turin (concours international de création radiophonique).
En 2012, il crée Fantôme, un léger roulement, et sur la peau tendue qu’est notre tympan, spectacle qui fait l’ouverture du festival Les Musiques à Marseille. Interprétée par un ensemble d’instruments mécaniques et d’objets sonores pilotés à distance, librement inspirée du mythe d’Orphée, la pièce propose à cinquante spectateurs, installés au cœur d’un dispositif musical entièrement scénographié, une expérience sensorielle autour du merveilleux et du fantomatique.
De 2012 à 2014, Benjamin Dupé est compositeur associé au Phénix scène nationale de Valenciennes, dans le cadre d’une résidence soutenue par le Ministère de la Culture et la Sacem.
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