Un oratorio maritime pour l’archipel de Riou

Opéra in situ, projet lauréat de la commande publique Mondes Nouveaux

Îlot des empereurs au large de Riou – Marseille

« En réponse à l’appel à manifestation d’intérêt Mondes Nouveaux, Benjamin Dupé et la compagnie Comme je l’entends, les productions ont imaginé la création d’une pièce de concert in situ, écrite pour et sur l’île Riou : à la fois inspirée par elle et destinée à y être interprétée. Un oratorio maritime à la distribution multiple (instrumentistes, chanteurs, sons enregistrés, oiseaux marins, clapots, cailloux) et aux multiples inspirateurs (témoignages de gardes, promeneurs, pêcheurs et passionnés, documentation historique, puissance brute des paysages).

Pour le public, une expérience exceptionnelle, hors format, dans un lieu peu accessible habituellement. Un nouveau cadre de convocation et de représentation – cérémonial artistique dont l’accès même sera mis en musique dès le départ des embarcations menant au concert. L’occasion d’une opération fédératrice, mobilisant sociétés nautiques, moyens matériels et humains du Conservatoire du littoral et du Parc national des calanques.

Terrain propice à un exercice de composition tendant vers le « land art musical », Riou se tient à l’écart du bruit de la ville, sans être une page blanche sur le plan sonore. Son environnement audible (un continuum fait de vent et de mer), ses musiciens s’invitant pour des interventions spontanées plus ou moins stridentes (gabians ou espèces moins invasives) forment une première strate sonore, un « donné à entendre » à partir duquel l’oreille du compositeur pourra s’exercer à déduire les harmonies et à bâtir le contrepoint d’un oratorio maritime « géo localisé » – au sens où il tire son essence de l’ici et du maintenant.

Par ailleurs, la trace d’une ancienne sablière, remarquable par son toboggan de pierres servant à charger le sable dans les bateaux, entre en résonance avec un élément récurrent du travail du compositeur : le son des pierres qui dévalent les pentes et celui du sable qui s’écoule. Une fascination d’ordre acoustique, plastique, mécanique, mais aussi symbolique. Le sable qui s’écoula de Riou pour paver les rues de Marseille fut ainsi un sablier comptant le temps – une horloge, mais aussi un instrument décomptant les ressources naturelles utilisées par l’homme – un compte à rebours. Cet angle, poétique et politique, sera un élément crucial de la proposition artistique… »

 >> création à venir, dates en cours d’organisation